Reconnaissance d’un accident du travail par la Cour d’APPEL DE LYON

 


Reconnaissance d’un accident du travail : la position de la Cour d’Appel de LYON 

Les différends entre employeurs et organismes sociaux sur la reconnaissance d’un accident du travail sont fréquents. L’arrêt de la Cour d’appel de Lyon du 27 avril 2021 illustre bien ces conflits et rappelle le poids de la présomption d’imputabilité en faveur du salarié.

Un accident contesté par l’employeur

Un ouvrier intérimaire a déclaré une douleur au dos après avoir soulevé un carton lors de son service. Son employeur, informé dès le lendemain, a transmis la déclaration sans réserve aux organismes compétents.

Le médecin a immédiatement diagnostiqué des lombalgies et dorsalgies. Les arrêts de travail se sont succédé jusqu’à la consolidation de l’état du salarié, plus d’un an après l’accident.

Estimant que l’accident ne reposait sur aucune preuve tangible, l’employeur a engagé un recours en justice. Il a soutenu que la blessure résultait d’une pathologie préexistante et non d’un fait accidentel.

Accident du travail en entreprise
Un accident du travail peut être contesté, mais l’employeur doit prouver l’absence de lien avec l’activité professionnelle.

Une présomption d’imputabilité difficile à renverser

Le tribunal de première instance a validé la prise en charge et rejeté les arguments de l’employeur. Insatisfait, ce dernier a fait appel.

La Cour d’appel a rappelé un principe fondamental du droit de la sécurité sociale : un accident survenu au temps et au lieu du travail est présumé imputable à l’activité professionnelle. Pour contester cette reconnaissance, l’employeur doit prouver que les lésions proviennent d’une cause étrangère au travail ou que l’accident ne s’est pas produit dans l’exercice des fonctions.

Les juges ont relevé plusieurs éléments en faveur du salarié :
✔️ Aucune réserve émise par l’employeur lors de la déclaration.
✔️ Un certificat médical attestant de lésions dès le jour des faits.
✔️ Une continuité des soins et arrêts de travail jusqu’à la consolidation.

L’employeur s’est appuyé sur un rapport médical affirmant que le salarié souffrait d’un problème lombaire antérieur. La Cour a estimé que cet argument ne suffisait pas. Un état pathologique préexistant ne remet pas en cause un accident du travail, sauf si l’employeur prouve que les lésions sont totalement indépendantes du travail.

Un employeur en échec face à la justice

L’absence de preuve solide a empêché l’employeur d’obtenir une expertise médicale. La Cour d’appel a donc confirmé la prise en charge de l’accident et condamné l’entreprise aux frais de justice.

Les enseignements de cet arrêt

📌 Un employeur qui ne formule pas de réserve affaiblit sa contestation. Faites vous accompagner!
📌 La présomption d’imputabilité protège le salarié, sauf preuve contraire.
📌 Un état pathologique préexistant ne suffit pas à refuser la prise en charge.
📌 Un recours sans preuve objective a peu de chances d’aboutir.


Ce cas rappelle que la protection des travailleurs reste une priorité en matière de sécurité sociale. Les employeurs doivent apporter des preuves solides pour renverser la présomption d’imputabilité.

Droits du salarié victime d’un accident du travail

Droits du salarié victime d’un accident du travail

Un accident du travail peut gravement affecter la vie professionnelle et personnelle d’un salarié. Entre les démarches administratives, la reconnaissance de l’accident et l’indemnisation, le parcours peut sembler complexe. À Lyon, un avocat spécialisé en droit du travail aide les victimes à défendre leurs droits et à obtenir la meilleure indemnisation possible.

1. Qu’est-ce qu’un accident du travail ?

Un accident du travail survient lorsqu’un événement imprévu entraîne une lésion corporelle pendant l’exercice d’une activité professionnelle. Pour être reconnu, il doit remplir certains critères :

  • Se produire durant l’exécution du travail
  • Présenter un caractère soudain et daté précisément
  • Avoir un lien direct avec l’activité professionnelle

2. Quels sont les droits du salarié victime d’un accident du travail ?

a. Prise en charge des soins médicaux

La Sécurité sociale couvre intégralement les soins liés à l’accident, évitant ainsi toute avance de frais.

b. Indemnisation des arrêts de travail

Lors d’une incapacité temporaire, la CPAM verse des indemnités journalières dès le premier jour d’arrêt. Dans certains cas, l’employeur complète ces indemnités.

c. Reconnaissance d’une incapacité permanente

Si l’accident entraîne des séquelles, un taux d’incapacité permanente est attribué. Cette reconnaissance permet d’obtenir une rente ou une indemnisation forfaitaire en fonction de la gravité des séquelles.

d. Responsabilité de l’employeur

Lorsque l’accident résulte d’un manquement de l’employeur à ses obligations de sécurité, le salarié peut engager une action pour obtenir une indemnisation complémentaire.

3. Pourquoi faire appel à un avocat en droit du travail à Lyon ?

Un avocat spécialisé intervient pour :

  • Contester un refus de reconnaissance d’accident du travail
  • Maximiser l’indemnisation du salarié
  • Protéger les droits en cas de licenciement abusif après un accident
  • Engager une action contre l’employeur en cas de négligence

4. Contactez un avocat expert à Lyon

Si vous avez été victime d’un accident du travail, ne laissez pas vos droits être ignorés. Me Sylvia Cloarec, avocat en droit du travail à Lyon, vous accompagne pour défendre vos intérêts efficacement.

 

Quelles sont les incidences de la reconnaissance du caractère professionnel de l’accident ou la maladie ?

Qu’est-ce que l’accident du travail, la maladie professionnelle ?

La loi qualifie d’accident du travail, quelle qu’en soit la cause, celui survenu par le fait ou à l’occasion du travail. La survenance d’un fait accidentel en lien avec le travail ayant provoqué une lésion est un accident du travail.

Les maladies d’origine professionnelle bénéficient du même régime d’indemnisation que les accidents du travail.

Sont des maladies professionnelles les maladies reconnues comme telles par décrets et inscrites dans les tableaux annexés à l’article R 461-3 du CSS et, sous certaines conditions, celles dont l’origine professionnelle est établie à la suite d’une expertise individuelle.

 

Quels sont les avantages pour le salarié ?

Le salarié reconnu victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle par sa caisse d’assurance maladie bénéficie de prestations plus importantes que celles attribuées au titre de l’assurance maladie.

Par ailleurs, il peut aussi obtenir des réparations complémentaires en cas de faute inexcusable de l’employeur et, en cas de faute intentionnelle de ce dernier ou d’un tiers, une réparation judiciaire de ses préjudices non pris en charge par la sécurité sociale.

Ce sont les cotisations à la charge de l’employeur qui financent les prestations servies par la Caisse.

 

Quelles sont les incidences de l’accident du travail pour l’employeur ?

                -augmentation du taux de cotisation AT/MP :

Selon l’effectif global de l’entreprise, chaque établissement est soumis à une tarification de trois ordres :

–  collective (entreprises de moins de 20 salariés).

Le taux est alors déterminé par la Carsat en fonction du barème national, fixant le taux applicable pour chaque code risque ;

–  individuelle (entreprises d’au moins 150 salariés).

Dans ce cas là c’est la Carsat qui calcul le taux en tenant compte du coût des maladies ou accidents professionnels survenus au sein de l’établissement et inscrits à son compte au cours de la période triennale de référence (années N − 4 à N − 2).

–  mixte (entreprises dont l’effectif est d’au moins 20 et de moins de 150 salariés).

Dans cette hypothèse le taux applicable est pour partie déterminé par tarification collective et pour partie par tarification individuelle.

La CARSAT détermine le taux de la cotisation du au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles chaque année, pour chaque établissement.

Chaque entreprise peut consulter le détail des taux applicables. Il lui suffit de consulter son compte AT/MP en ligne. Connaissez-vous votre taux ?

 

                -paiement de sommes au titre de la faute inexcusable :

L’employeur a à sa charge une obligation de sécurité de résultat, dès lors il est facile de reconnaitre une faute inexcusable. (il existe de nombreux  exemples jurisprudentiels)

La reconnaissance de la faute inexcusable entraine le doublement de la rente ou du capital versé au salarié.

En cas d’attribution d’une IPP, plus le taux d’IPP est important plus l’indemnisation du salarié est importante.

Dès lors, le cout pour l’employeur sera également plus important.

 

Comment limiter le risque financier pour l’employeur ?

dans le cadre du contentieux général de la sécurité sociale :

-examiner chaque déclaration de maladie professionnelle pour déterminer les contestations possibles

A réception des prises en charge, déterminer si une contestation est possible. Un Avocat compétant en matière de sécurité sociale pourra vous y aider.

Si tel est le cas, saisir la Commission de Recours Amiable puis le Pôle Social du Tribunal Judiciaire

-assortir chaque déclaration d’accident du travail de réserves motivées et circonstanciées.

A réception des décisions de prise en charge des Caisses, saisir la Commission de Recours Amiable.

En cas de rejet, saisir le Pôle Social du Tribunal Judiciaire afin de contester le caractère professionnel de l’accident.

 

dans le cadre du contentieux spécial de la tarification :

-contester de manière systématique les taux de cotisations notifiés

Attention, si l’employeur ne les conteste pas, ils seront opposables à l’entreprise.

Or les contentieux du contentieux général sont très long. Ainsi la Caisse peut notifier le taux de cotisation et ce n’est que plusieurs années après que le Tribunal dira si oui ou non tel accident est un accident du travail.

Pour que le cout ne reste pas à la charge de l’employeur, celui ci doit contester le taux.

A défaut celui ci restera à sa charge, et ce même si le caractère professionnel de l’accident est en définitive refusé !

Ainsi, les incidences de l’accident du travail pour l’employeur peuvent être très importantes.

mots clefs : faute inexcusable, obligations de l’employeur, taux de cotisation